Burundi : les contraintes juridiques bloquent la libre entreprise

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L’étude menée par le CDE (Centre For Development and Entrprises Great Lakes) montre que le délai de la certification des produits a passé de 10 jours à 6 mois au Burundi. Le Bureau Burundais de Normalisation (BBN) heurte au défis du manque de matériel appropriés. La double analyse des produit cause des dépenses élevés.

« La lenteur qui s’observe dans l’octroi des certificats de conformité sont parmi les causes de la fuite des capitaux », a fait savoir Docteur Emery Nukuri, le consultant du CDE Great Lakes. Il déplore le non-respect de délais réglementaires de la certification des produits. Et de témoigner que les investisseurs se lamentent. « Dans notre 1ère descente au BBN dans la division certification, les demandeurs de certificats se lamentaient d’avoir attendu les uns 4 mois, les autres 6 mois  ce qui retarde les investissements et occasionne des pertes énormes », a -t-il souligné.

Dr Nukuri précise cependant qu’après le paiement des frais de certification, les inspecteurs du BBN prélèvent des échantillons et transmettent au Laboratoire qui analyse et interprète les résultats dans un délai de 10 jours. Ce délai de 10 jours est trop court et n’est jamais respecté dans la pratique, a -t-il martelé.

Il a présenté les méfaits de la mauvaise applicabilité de loi. « La lenteur et des couts élevés des procédures de certification et l’insuffisance de contrôle des produits non certifiés encourage les entrepreneurs à continuer dans l’informel ».

Pourquoi il y a retard des résultats au BBN?

 Le BBN (Bureau Burundais de Normalisation explique ces retards par le manque d’un équipement suffisant de ces laboratoires car parfois, il doit envoyer les échantillons à des laboratoires externes.

Cela arrive au moment où le BBN et le CNTA leurs missions est « d’agréer et de surveiller les laboratoires et agences de contrôle de qualité qui forment un réseau pour effectuer les échantillonnages, les inspections et les analyses que les services de l’Etat et les opérateurs économiques leur demandent. La division est également chargée de la délivrance du certificat de conformité aux normes sur tout le territoire national.

La Division entretient des relations régulières avec les organismes étrangers de normalisation et de contrôle de qualité afin d’être capable de renseigner les importateurs et les exportateurs sur les marques de conformité et les systèmes de certification de produits ainsi que les systèmes de qualité des entreprises étrangères », explique Dr Nukuri.


Quid de la pratique

Les laboratoires et les agences de contrôle de qualité forment un réseau pour effectuer des échantillonnages, les inspections et les analyses demandés par les services de l’Etat.

Pourtant les données recueillies au BBN indiquent que le BBN n’a recours qu’aux autres laboratoires  et qu’il n’y a pas de collaboration que lorsque les analyses des demandeurs de certificats demandent soit l’expertise ou l’équipement que le BBN ne dispose pas.


“Un fardeau au coup de l’entrepreneur”

L’étude donne l’exemple d’un producteur agricole qui peut demander l’expertise et les analyses du CNTA pour vérifier si son produit répond aux normes de qualité alimentaire. Si le CNTA trouve que son produit répond aux normes, il lui donne les résultats et l’encourage à faire certifier son produit. S’il demande le certificat de qualité au BBN, ce dernier refait les analyses pour la deuxième et parfois renvoie les échantillons au CNTA qui doit refaire cette fois la même analyse au profit du BBN, ce qui constitue une perte de temps et une perte de moyens financiers de la part de l’entrepreneur, déplore Dr Nukuri.

Aimable Nkurunziza directeur exécutif du CDE à droit
Aimable
Manirakiza, directeur exécutif du CDE à droit

Quant à la question de savoir le bienfondé de cette étude menée par le CDE, Aimable Manirakiza , directeur exécutif  de CDE Great Lakes a indiqué  que le CDE a pris le devant pour mettre au claire les différents problèmes qui hantent les entrepreneurs.  « Nous prévoyons bon d’autres séances avec les autorités de notre pays afin de leurs montre ces défis ci-haut relevés. », déclare –t-il.

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