Burundi : des enquêtes de la Commission Vérité Réconciliation continuent

0
170
Les os des victimes excavées
Les os des victimes excavées
Advertisement

Ce vendredi, 14 février 2020, la Commission Vérité Réconciliation, CVR a animé un café de presse à Bujumbura autour du thème “les fosses communes de la Ruvubu province Karusi site de la douleur, du silence et de la souffrance. Plus de 6000 victimes excavées ont été découvertes par la CVR.

Pierre Claver Ndayicariye ,président de la CVR
Pierre Claver Ndayicariye ,président de la CVR

” Depuis bientôt trois semaines, la CVR a planté ses tentes au centre du Burundi dans la vallée de la Ruvubu près du pont communément appelé “Pont Pecquet”, a précisé Pierre Claver Ndayicariye,président de la CVR. Les participants à ce café de presse ont demandé à la commission de qualifier les crimes commis dans le passé. Pierre Claver Ndayicariye leur a tranquillisé il n’est pas encore temps de qualifier ces derniers arguant que la commission qu’il préside est toujours a l’œuvre.
Selon les gens de cette localité qui se sont confié à la CVR, les fosses communes de la vallée de la Ruvubu datent de la crise de 1972. Elles confirment que les tueries visaient des gens aisées dont des enseignants de l’école primaire, des professeurs de l’école secondaire, des religieux, des commerçants, des hauts cadres de l’État, des militaires, des gendarmes, des. Les victimes étaient majoritairement d’une même ethnie, mais parfois, il y en avait d’autres qui périssaient à la suite des conflits interpersonnels ou de règlement de compte. A précisé Pierre Claver Ndayicariye.


Comment avaient-ils été arêtes

Après l’illustration d’une audition, une certaine jeunesse fortement politisée était chargée des arrestations sur ordre des autorités locales administrateur communal et les conseillers. A indique le président de la CVR. Les notables collinaires ont été complètement débordés. Après l’arrestation, souvent sur liste préétabli, les victimes étaient d’abord acheminées vers la prison centrale de Gitega pour y être tuées et des camions les ramenaient, morts ou agonisants, pour être achevées et jetées dans les fosses communes. A-t-il déploré.
Le transport des victimes se faisait par camions appelés à l’époque” Ngeringeri.” Arrivés près des berges de la rivière Ruvubu, les victimes étaient jetées, mortes ou encore vivantes dans des fosses communes creusées par des machines excavatrices. Très peu de victimes ont pu s’en sortir ou échapper, déplore-t-il.

Témoignages de 1972

Tableau de synthèse des exhumations déjà faites.
Tableau de synthèse des exhumations déjà faites.

Selon l’avis des témoins, la cohabitation entre citoyens avant la crise de 1972 était bonne. Dans le voisinage, cette période a été vécue avec une grande amertume. Les riverains de la Ruvubu disent avoir entendu des coups de feu et des cris des victimes avant leur précipitation dans des fosses communes. Leur ensevelissement se faisait durant la journée, alors que le travail des machines excavatrices intervenait le matin entre 9heures et midi, et peu après 15heures.
Les victimes de mai à juin 1972, des témoins oculaires ont raconté à la CVR, que les personnes tuées sont en provenance de l’endroit où se trouvent les fosses communes de la Ruvubu actuellement, mais aussi en provenance des autres régions comme Muyinga, Karusi, Bukirasazi, Giheta, Ngozi, Ruyigi.


Dans les fosses communes excavées, des restes humains de plus de 6032 personnes ont été trouvées par la CVR. Le site de Ruvubu héberge 18 fausse communes dont 6 sont déjà exploitées.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here