Burundi : l’ALUMA Burundi demande un centre de désintoxication

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Karibu boisson considérée comme un des
Karibu boisson considérée comme un des" stupéfiants"
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Lors d’un café de presse de ce jeudi 19 mars 2020, le représentant légal de l’ALUMA Burundi,Amb. Albert Mbonerane a indiqué que les malades mentaux augmentent du jour le jour au Burundi. Cependant cette catégorie de maladie mentale n’est pas prise en considération par la société burundaise.  « Les malades mentaux sont taxés des fous ce qui est faux. Ce sont plutôt des patients comme tant d’autres »,a-t-il précisé.

Amb. albert Mbonerane,représentant légal de l’ALUMA Burundi
Amb. albert Mbonerane,représentant légal de l’ALUMA Burundi

Selon Ambassadeur Albert Mbonerane, la maladie mentale au Burundi a toujours été reléguée au second plan et n’est pas encore intégrée totalement dans le système national de santé. L’accès à des soins de santé mentale efficaces et efficients demeure difficile avec comme conséquence des couts à la fois économique et humains pour l’individu, la famille et la société. La consommation des drogues figure parmi les causes des maladies mentales. D’où selon lui, un centre de désintoxication s’avère nécessaire au Burundi

Les crises socio-politiques répétitives que traverse régulièrement le Burundi depuis des années, les catastrophes naturelles, la pauvreté, la consommation des substances psychoactives etc. déstabilisent l’état de la santé mental des populations. Les problèmes psychiques ont augmenté alors que le pays n’était pas préparé à y faire face, précise Albert Mbonerane, représentant légal de l’Association sans but lucratif « Action de Lutte contre la Malaria ALUMA Burundi .»

“Karibu et Hozagara,boissons nuisibles…”

Mbonerane explique que la consommation de certaines boissons comme ‘Karibu’ et Hozagara sont parmi les causes des maladies mentales. Il demande le gouvernement burundais à suivre de près la commercialisation de ces boissons « car, partout dans les grandes fêtes je n’ai jamais vu là où on nous présente les boissons comme Karibu ou Hozagara! », s’interroge-t-il. Le bas peuple, seul consomme ces boissons nuisibles à sa santé. Ces derniers sont attrapés  par les maladies mentales causées par ces boissons prohibées et au lieu d’évacuer ces patients vers les structures de soins, on les met dans la prison, s’indigne Amb. Mbonerane

Un des patients rencontrés à centre d’accueil d’ALUMA Burundi témoigne le calvaire qu’il vit après ses études secondaires « après mon cursus secondaire je n’ai pas pu avoir mon diplôme suite au manque de minerval. Et jusqu’à maintenant je n’ai pas de travail alors que j’ai le foyer », déplore GB ; avant de nous confier qu’il s’est lancé à la consommation des drogues. 

La santé avant tout

A la question de savoir où le pays pourrait trouvé des taxes une fois abandonné celles perçues sur les produits nuisibles à la santé, l’ambassadeur Mbonerane tranquillise en précisant que le pays est le garant de tout.  La volonté étatique seule peut tout changer dans un bref délai. La richesse du pays est l’espèce humaine, on ne peut en aucun cas échanger la vie humaine contre les impôts et taxes perçus d’une façon illicite, souligne-t-il.

Les psychologues prestant au centre de l’ALUMA Burundi ont présenté les principales causes de la consommation des drogues. Les conflits sociaux, les problèmes familiaux, le chômage, les échecs de la vie, influences des autres, la déception et l’augmentation des stupéfiants dans le pays. Les conséquences de la consommation des drogues c’est le conflit communautaire, dans les familles, et  rejet familial, la stigmatisation, trouble mental…

Dr Lydia Raissa Ihorimbere
Dr Lydia Raissa Ihorimbere

La plus grande partie des consommateurs des drogues sont les jeunes à hauteur de plus de 65%. Dr Lydia Raïssa Ihorimbere fait savoir qu’après 4 mois, ce centre a déjà accueilli 108 cas malades mentaux dont 101 sont des consommateurs de drogues soit 93,5%. Les drogues les plus consommés au Burundi sont le tabac, cannabis, cocaïnes, le booster, la colle, diazépam, A part les conséquences psychologiques, les maladies comme le sida, l’hépatite, l’avortement, la malformation des fœtus sont dus à la consommation des drogues.

Pour tenter à couper court avec les maladies mentales qui sévissent dans le pays,  Ambassadeur Mbonerane recommande à l’Etat d’éradiquer le commerce des stupéfiants. Il demande également au gouvernement de mettre en place des centres de désintoxications et de soutenir le centre d’accueil et d’écoute déjà établis. Parmi les défis rencontrés par la plupart des patients accueillis sont de la rue, les uns sont rejetés par leurs familles et les autres sont des sans-abris.

La communauté est recommandée à ne pas stigmatiser et indexer les consommateurs des stupéfiants. Et ALUMA Burundi conseille les parents d’accompagner ses enfants et de comprendre leur problème et de les accueillir au lieu de les rejeter.

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