Burundi : la CVR appelle les gens à la compréhension de ses activités

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Instruments des victimes des massacres de 1972
Instruments des victimes des massacres de 1972
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Dans la perspective de suivre ses missions en matière de réconciliation nationale, la CVR (commission vérité et réconciliation) a procédé à une journée de prière à l’ intention des victimes enfuies dans les fosses communes de Nyabunyovu et Mashitsi dans la commune Giheta de la province de Gitega. Pierre claver Ndayicariye appelle les burundais à la franchise pour un avenir exempt de conflits.

Messe en memoire des victimes enfuies à Nyabunyovu.
Messe en memoire des disparus


Samedi 04 avril 2020 l’événement commence par une messe en mémoire des victimes des massacres de 1972. Dans son homélie l’abbé Creton Masabarakiza appelle les burundais à la réconciliation en vue d’une paix durable et non une paix passagère : ” Nous ne voulons pas que vous l’ignorez, soyez-en conscients, sachez bien il y a eu des tragédies au Burundi, celles qui ont emporté plusieurs vies humaines dont nous voyons des ossements ici à Mashitsi, sachons-le c’est pour l’édification de nos consciences qui aboutira à une paix durable”.
Dans son discours de circonstance Pierre claver Ndayicariye president de la CVR dresse le bilan du travail effectué par sa commission depuis qu’ elle est arrivée au site de Mashitsi incluant aussi les travaux d’excavation des restes du site de Nyabunyovu, il remercie constamment les témoins oculaires qui ont généreusement fournies des informations sur les lieux où ont été enterrées des victimes après assassinat donnant ainsi les chiffres de 1971 restes humains dans quatre fosses communes et 902 restes extraits dans trois fosses communes au site de Nyabunyovu sans oublier des restes que l’on ne peut pas compter car ils sont devenu des miettes mélangé à de la terre ceux-ci forment ce qu’ on appelle les restes “approximatifs ” ils sont contenus dans des sacs et nous les comptons parmi les victimes “ajoute M. Ndayicariye.


À cette occasion le président de la CVR précise que l’on ne peut pas bâtir une réconciliation quand on ne se met pas à la place de l’autre. ” La réconciliation ne peut pas s’établir quand on marche sur des restes humains non enterrés de manière digne, également on ne peut pas sacrer la pas quand on n’éprouve pas de l’empathie à l’ égard des victimes des crimes et aux familles laissées par ces victimes des dates sombres qu’a connues le Burundi.” Le président de la CVR demande aux burundais de comprendre les activités d’exhumation des victimes. Maître Muvayo Jean de l’association des orphelins de cette crise de 1972 dit que ces activités n’ont rien avoir avec les prochaines élections comme certains l’estiment.
Selon Pierre Claver Ndayicariye, les victimes appartiennent à toutes les catégories de la vie du pays aussi les recherches couvriront toutes les dates sombres qu’a connues le Burundi à partir de 1885 jusqu’ en 2008,

Témoignage

Rencontre avec un témoin des massacres de 1972 à Mashitsi
Un vieil homme d’un âge compris entre 70 et 75 apparemment édentée et dont la prononciation des mots est difficile sous le poids de l’âge.
Entretien :
Quel âge aviez- vous en 1972 ?
J’avais environ 20 ans, j’étais encore jeune
Comment as-tu vu les massacres en 1972 ? Moi je l’ai vu et j’étais parmi ceux qui ont tué ces gens, pour les simples paysans nous utilisions une espèce de corde par etrangulation et pour les autres nous utilisions des balles réelles aux moyens des fusils.
N’avez-vous pas pitié de leurs cris de désespoir avant la mort de vos voisins?
Non, en allant à de tels actes nous prenions du chanvre, on était bien d’autres, il n’avait pas pitié quand on a pris les stupéfiants. On n’est pas sensible aux cris
On nous a dit que les gens qui faisaient ce genre de travail ont été exterminés eux aussi après les massacres. Comment avez-vous pu échapper la mort ?
Quand on allait tuer les autres, moi j’ai été caché par un haut gradé de l’armée, il m’a caché à son domicile et je suis vivant jusqu’aujourd’hui.
Cet événement étant rehaussé de sa présence Madame Caritas Njebarikanuye, vice – président du sénat burundais et d’autres hauts dignitaires du pays. A la fin de ces activités, une visite des endroits où sont déposés des ossements humains, des outils des victimes, leurs habits.

Christophe Niyongendako, Stagiaire

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