La CNIDH déplore la surpopulation carcérale au Burundi

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Sixte Vigny Nimuraba,président du CNIDH
Sixte Vigny Nimuraba,président du CNIDH
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Des visites régulières, notifiées ou inopinées, dans tous les lieux de détention et la formulation des recommandations à l’endroit des autorités compétentes en vue d’améliorer le traitement et la situation des prisonniers sont parmi les activités effectuées par la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme CNIDH en charge de la promotion et la protection des droits de l’homme au Burundi.

Lors de la présentation de son rapport annuel à l’Assemblée Nationale ce mercredi 15 avril 2020, la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), Sixte Vigny Nimuraba président de cette commission a fait savoir que cette dernière se réjouit de la réduction sensible des cas de dépassement de délai légal de garde à vue au cours de l’année 2019. Ici, M. Nimuraba précise que sur 2413 personnes que la CNIDH a trouvées dans les différents cachots visités, 87 (soit 3,6%) étaient en dépassement du délai légal de garde à vue. Une amélioration est remarquable.

Cependant, selon le président de la CNIDH de nombreux cas de détention préventive illégale se sont observés. Il s’agit de ceux qui sont ordonnées par des autorités administratives, le non renouvellement des ordonnances de prolongation de la détention, pourtant obligatoire après chaque mois de maintien en détention provisoire.

De plus, une lenteur excessive dans le transfert des détenus sous mandat d’arrêt vers les prisons s’est observée. On ne peut pas oublier une surpopulation carcérale. Avec une capacité d’accueil de 4194 personnes, le taux d’occupation dans toutes les prisons est de 237 ,3% en date du 27 septembre 2019. Une tendance à la détention prolongée s’est remarquée du fait que sur un total de 11464 prisonniers, 5224 étaient encore en détention préventive, soit 45,5%.

les prisoniers
Les prisoniers

“Le Burundi n’est pas le premier pays qui possède beaucoup de prisonniers, mais plutôt l’Amérique qui se dit toujours être en avance en matière de respect des droits de l’homme”, a répondu Sixte Vigny Nimuraba sur la question de l’honorable Léopold Hakizimana. Celui-ci, voulait savoir si le Burundi n’est pas le premier pays ayant beaucoup de détenus compte tenu du nombre élevé de personnes privées de liberté et que peut être parmi ces dernières, certaines sont poursuivies judiciairement pour des raisons non fondées.

La CNIDH plaide en faveur de détenus

 Des irrégularités constatées lors des visites de la CNIDH ont été soumises aux autorités compétentes en vue de les corriger.  Grâce au plaidoyer de la CNIDH, sur les 2413 détenus, 154 (soit 6,4%, toutes catégories confondues) ont été relaxés à l’issue de ces visites, a souligné Nimuraba.

 La CNIDH recommande le ministère de la justice d’assurer le respect strict des règles pénales et de procédure pénale en matière d’arrestation, de détention et de l’instruction des dossiers.

Vous saurez que par ailleurs, plus d’un se demandent pourquoi la grâce annoncée par le Président de la République, Pierre Nkurunziza à certains détenus à la veille du nouvel an n’est pas encore exécutée à sa totalité. Alors qu’il y a une commission chargée d’analyser les bénéficiaires de la grâce présidentielle.

Signalons que la situation se porte ainsi, au moment où, la pandémie du Coronavirus restant préoccupante dans le monde entier. Même dans notre pays, le Covid19 est déjà présent. D’où, l’urgence de désengorger les prisons est une évidence.


Egide Nduwarugira, Stagiaire

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