L’Université du Burundi commémore le 25ème anniversaire des massacres de ses étudiants hutus

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L’Université du Burundi, en collaboration avec l’Association des rescapés du nom de” Zirikana UB -95” a célébré le 25ème triste anniversaire des massacres des étudiants hutus des différents campus de ladite Université en 1995, des massacres survenus la nuit du 11 au 12 juin de la même année.

Ambassadeur Joseph Nkurunziza, Président de l’association Zirikana-UB95


Dans une conférence débat, tenue au campus Mutanga ce 9 juillet 2020 à l’issue de ladite commémoration, Anicet Niyonkuru, un des conférenciers a fait savoir que beaucoup de rescapés ont des traumatismes dans leurs mémoires non encore réparés. Non seulement ces derniers, ajoute le conférencier, même les auteurs de ces crimes l’ont subits et tous ont besoin d’une assistance psychologique.


Pascal Niyongabo, un des rescapés de cet acte ignoble confirme qu’il a été touché psychologiquement. “Je suis malade du traumatisme. Dans les années passées, quand je voyais les jeeps qui transportaient les auteurs de la barbarie de 1995, je me mettais à l’écart. Je pensais qu’ils pouvaient me cogner volontairement sous prétexte que j’ai vu ce qu’ils ont fait”, a-t-il expliqué

Traumatisme persiste


Bonaventure Bangurambona, un des professeurs à l’Université du Burundi à la faculté des sciences indique que les malades du traumatisme ne pouvaient pas manquer compte tenu des moments douloureux qu’ont connus les étudiants de cette institution universitaire. Selon lui, les thérapeutes sont nécessaires pour aider les traumatisés à surmonter leur blessures.
D’après Niyomwungere Denis, un des participants de cette conférence-débat, la journée ou semaine dédiée aux massacres des étudiants de l’UB devrait être instaurée. Il trouve que c’est un moyen suffisant pour les survivants de cette tragédie d’exprimer leurs mémoires. Il demande aussi qu’il faut préciser le groupe ethnique des disparus, victimes de ces atrocités.


Lors de cette conférence-débat, Aloys Batungwanayo, un autre conférencier du jour a montré et expliqué aux participants 10 étapes qui conduisent au génocide selon Grégory H.1998. Il s’agit de la catégorisation, la symbolisation, la discrimination, la déshumanisation, l’organisation, la politisation, la préparation, la persécution, l’extermination et déni.

Deo Ntahiraja, un des participants

A base de ces étapes, Déo Ntahiraja , Chef de mission du Collectif des Survivants et Victimes du “Genocide Hutu” au Burundi demande avec instistance que les tueries de 1995 à l’université du Burundi soient qualifiés de “génocide Hutu”. Car selon lui, “tous les éléments déterminants le Génocide comme le définit la Convention de 1948 des Nations unies en son article 3 sont au complet”.

Cet article 3 de la Convention de 1948 des Nations Unis stipule qu’un Génocide est un acte “commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie un groupe national,ethnique,racial ou religieux

Pourquoi un si retard en rapport avec la qualification des ces massacres?


Ambassadeur Joseph Nkurunziza, président de l’association Zirikana-UB95 répond avec espoir à cette question. Après ces barbaries le pays s’est en pleine crise. Raison pour laquelle cette question n’est pas traitée à temps. Toutefois , j’espère belle et bien que le Gouvernement burundais a pris en main le cas. “La preuve en est que même une commission Vérité et Réconciliation (CVR) s’est penchée à ça” ,explique Amb. Nkurunziza. Et il se réjouit de l’étape déjà franchie, “avoir un monument dédié aux étudiants Hutu tués à l’UB le 11 juin 1995, c’est un pas de géant pour la communauté estudiantine en général et pour nous les rescapés en particulier. Même la qualification de ces actes ignobles sera trouvée tôt ou tard car un crime ne pouru jamais.

Après cette conférence-débat, une messe d’action de grâce en la mémoire des disparus a suivie.

Egide Nduwarugira et Eric Ndayihaya

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