Burundi : Vugizo, une commune très touchée par les tueries de 1972

0
105
Advertisement

La commune Vugizo de la province Makamba, l’extrême sud du Burundi a connu des tueries terribles pendant la période de 1972. La commission vérité réconciliation (CVR), d’après ses investigations menées depuis plusieurs semaines, représentent l’une des tragiques tueries les plus sanglantes que le Burundi ait connues. La province de Bururi est la plus touchée, toutes ethnies confondues.

Justin Ntezukobagira , rescapé des massacres de 1972 à Vugizo


Les différents témoins de cette commune expliquent comment les tueries ont été menées par les administratifs. Selon Justin Ntezukobagira âgé de 9 ans à cette époque, ancien administrateur de la commune Vugizo et rescapé des massacres de 1972, beaucoup de fosses communes sont sur la colline Gikuzi de cette commune. Ntezukobagira comme tant d’autres renseignent que plus de 300 personnes ont été tuées dans cette place. Son père a été aussi victime de ce drame sur la colline Rutegama, zone Gishiha de la même commune. Ce dernier a été jeté dans une toilette de 12 m de profondeur avec 14 autres victimes. Ntezukobagira témoigne qu’il a été épargné par la grâce divine.

Il ajoute que le chef-lieu de la commune Vugizo a été délocalisé. Maintenant il se trouve dans une autre place car les gens qui ont perdu les leurs se souvenaient de ce calvaire chaque fois qu’ils s’y dirigeaient. Il demande de construire un monument en mémoire des disparus. Une vache pour chaque famille dont tous biens ont été pillés, serait utile pour leur faire oublier le scandale.
Josaphat Nzeyimana de la colline Jongwe âgé de 12 ans venait de terminer la 6eme année primaire. Nzeyimana témoigne que son père a été tué dans cette période. Lui aussi il a été amené au chef-lieu de la commune Vugizo de l’époque mais un des soldats avait pitié de lui. Ce dernier a dit qu’il est très petit pour identifier l’ethnie d’une personne. Après, il a été libéré.
Selon toujours Nzeyimana, les gens étaient mobilisés pour participer dans une réunion. On disait que c’était des réunions de paix et d’unité. Arrivés au chef-lieu de la commune, ils étaient séparés selon leur appartenance ethnique. Les gens que les auteurs ne voulaient pas voir exister, ils étaient fusillés et jetés dans des fosses communes.


Cette version des réunions est par tous. Mme Marguerite Mayugi se jointe aux témoignages précédents. “Mon mari avait été convoqué pour être auditionné en rapport avec les “Bamenja”, Dieu merci, il a été vite sauvé par un certain Antoine Nyawakira et Rwamigabo”, a-t-elle indiqué. Elle a précisé que son mari était le coiffeur de Nyawakira. Elle demande en outre qu’il y ait la réconciliation.
Pierre Claver Ndayicariye, président de la Commission Vérité et Réconciliation fait savoir qu’à Makamba surtout à Vugizo, certains religieux ont déposé par terre les bibles et ont participé aux massacres de leurs brebis, ce qui est très pire. Ndayicariye indique que dans cette localité 8 fosses communes dont 7 datent de 1972 et une de 1977 et ont été déjà découvertes et confirmées par la Commission. Selon cette commission, lesdites fosses communes ont été visitées par les différentes autorités du pays dont le président de la commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) ainsi que les professionnels de médias dans l’avant midi de ce mardi 15 /9/2020.
Depuis que la CVR ait commencé ses activités, plus de 4000 fosses communes éparpillés sur les différentes collines des différentes communes et provinces du pays, ont été déjà découvertes et confirmées.

Egide Nduwarugira

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here