OBR: la stratégie de lutte contre la corruption commence à porter des résultats satisfaisants

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L’Office Burundais des Recettes (OBR) a mis en place un mécanisme de dénonciation de la corruption et autres mauvaises pratiques. Ce mécanisme est permanent . Et la stratégie de lutte contre le pot de vin couvre une période de 5 ans. Quel impact? Les commerçants témoignent.

Les commerçants surtout transfrontaliers se disent satisfaits de la lutte contre la corruption engagée par l’Office burundais des recettes, OBR. C’est le résultat de l’opérationnalisation de la Stratégie de lutte contre la corruption. « C’est un pas important. La situation s’est nettement améliorée », se réjouit la plupart d’entre eux.

Il est 10h 30, mardi le 30 mars 2021. Nous sommes au chef-lieu de la zone Gatumba. Certaines femmes qui exerçaient le commerce transfrontalier se sont converties en petit commerce ordinaire. Ces dames commerçantes transfrontalières vendent des pagnes et d’autres produits en provenance de la RD Congo avant la fermeture des frontières. Elles font savoir que les actes de corruption par les agents de l’OBR ne s’observent plus. « La corruption est la principale source de perte.Sans oublier qu’une fois appréhendés , les corrompus encourent des sanctions »,  indique Agathe Minani commerçante transfrontalière depuis 15 ans.

Agathe Minani, commerçante de Gatumba :  « La corruption est la principale source de perte… »

Elle et ses amies confirment qu’il n’y a plus d’actes manifestant une probable corruption. Toutefois, elles déplorent la lenteur de certains agents de l’         OBR lors de l’accueil des contribuables.  « Avant l’arrivée du 2è agent au poste de l’OBR à Gatumba, un agent qui était sur place trainait beaucoup. Ils se focalisait sur son téléphone portable oubliant ainsi son travail », s’indigne Jeanne Bukuru.  

C’est une situation, dit-elle, qui les faisait perdre beaucoup de temps sur les lignes d’attente. Pour elle, une fois arrivée, au poste de l’OBR, avec des marchandises ayant des documents au complet, le service doit être rapide. Et de demander des séances de sensibilisation nécessaire pour maitriser les mécanismes de dénonciation de la corruption.

Bénigne Butoyi, commerçante de Gatumba : «  Le renforcement des capacités des commerçants transfrontaliers en matière de la dénonciation de corruption a une grande importance »

 Même son de cloche chez Bénigne Butoyi exerçant ce métier depuis trois ans. Pour elle, le renforcement des capacités des commerçants / les contribuables en matière de la dénonciation de corruption et d’autres manquements des agents de l’OBR a une importance capitale.  Elle explique que les séances de sensibilisation sur la fraude leur ont aidé à connaitre comment alerter en cas de telles mauvaises pratiques.

Le service des agents de l’OBR salué

Un commerçant de Mabanda vend des appareils électroniques et des panneaux solaires

Les commerçants de la commune Mabanda, province Makamba ne tarissent pas d’éloges.  Ce sont notamment des commerçants des appareils électroniques et des panneaux solaires rencontrés au chef-lieu de la commune Mabanda. Ils apprécient les prestations des employés de l’OBR affectés au poste de l’OBR Mabanda. Et de rassurer qu’une fois que se présente des tentatives de corruption, ils sont prêts à dénoncer. Il a en outre demandé à l’OBR de multiplier des séances de sensibilisation à l’endroit de tous les commerçants pour qu’ils soient au courant des comportements à adopter face à ce fléau.

Pour K.P , commerçant de Muyinga, dans les années 2014, la situation était compliquée. Les agents de l’OBR, dit-il, trainait les procédures de dédouanement. « Pour dédouaner à temps, il fallait payer des pots de vin. Moi-même j’ai été victime de ces agissements », indique-t-il. D’après lui, il a fallu la mise en place des mécanismes de dénonciation des agents corrompus pour que la situation se normalise petit à petit .

Les corrompus, poursuit-il, n’ont pas encore complètement disparu. Des cas isolés se manifestent. « Il y a quelques commerçants transfrontaliers qu, en connivence avec certains agents échappent aux impôts et taxes ».  Il interpelle l’Office burundais des recettes pour ne pas baisser la garde. « La bataille contre la corruption n’est pas gagnée d’avance », conclut-il.

D’où viennent ces résultats ?

Depuis 2015, l’Office Burundais des Recettes, OBR s’est doté d’une Stratégie de lutte contre la corruption sur une période de 3 ans, de 2015 à 2017.  Au terme de cette dernière, elle a encore une fois adopté une nouvelle Stratégie pour une période de 5 ans, de 2018 à 2023. Depuis 2018, l’OBR dispose d’un mécanisme fiable, efficace et efficient permettant aux tiers, au personnel et aux partenaires de signaler en toute confidentialité des cas de corruption et de tout autre manquement de la part du personnel de l’OBR.

« La mise en place d’un mécanisme de dénonciation de la corruption et autres mauvaises pratiques basées sur l’encouragement et la mise en place d’un système d’alerte-avertissement contre les cas de suspicion de la corruption constitue un outil efficace de lutte contre la corruption », lit-on dans le manuel de procédures. L’OBR indique que la conception et l’élaboration du présent manuel a suivi une approche participative et documentaire.

D’une manière générale, on dénonce la corruption, la concussion, le trafic d’influence, les actes illicites ou instructions impliquant la violation de la loi, le non-respect des procédures établies, la gestion frauduleuse, l’abus de pouvoir, la soustraction ou le détournement des biens, le manquement professionnel, les abus administratifs, le favoritisme, la prise illégale d’intérêt, les dysfonctionnements liés au processus de passation et d’exécution des marchés publics, les abus de biens sociaux, les pratiques contraires à l’éthique et tout autre acte susceptible de mettre en péril les missions de l’OBR.

Comment dénoncer

Agathe Minani , commerçante de Gatumba

 L’OBR a mis à la disposition des dénonciateurs éventuels un dispositif de dénonciation géré par le Directeur d’audit interne et d’assurance qualité (DAI et AQ). Ce dispositif offre des services confidentiels 24 heures sur 24 heures tout au long de l’année. Les révélations peuvent être faites en Kirundi, en français, en swahili ou en anglais.

La dénonciation peut notamment se faire au numéro vert 500 ou par message téléphonique ou WhatsApp envoyé au numéro (+257) 77 51 09 75. Il peut aussi se faire via une application de dénonciation postée sur le Site web de l’OBR.  

L’OBR invite les partenaires, les employés et la population en générale à contribuer dans la lutte contre ce fléau qui handicape le développement du Pays en dénonçant tout employé de l’OBR corrompus ou qui commet tout autre manquement. Il précise que les informations soumises en rapport avec la corruption sont traitées de façon professionnelle et l’identité du dénonciateur est protégée de toute divulgation.

Il sied de signaler que la stratégie de l’OBR prévoit un encouragement à toute personne ayant fourni volontairement des informations fiables et vérifiables sur tous les cas de corruption ou d’autres manquements professionnels.

« Turikumwe twese, birashoboka »

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