La menstruation au Burundi reste un tabou, parlons-en

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Serviettes hygénique
Serviettes hygéniques
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L’hygiène menstruelle constitue un élément important pour la santé et le bien-être des femmes et adolescentes. Mais au Burundi, la menstruation est considérée comme un tabou. La pauvreté est à l’origine d’une mauvaise gestion de la menstruation.

Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle célébrée le 28 mai chaque année, le ministère ayant en charge la santé a organisé un atelier média à l’endroit des journalistes ce 25 mai 2021.

Cette journée vise à briser les tabous, normes sociales et à sensibiliser sur l’importance d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les adolescentes à travers le monde, a indiqué Dr Jean-Marius NDAVYENGENGE, Médecin directeur de la Promotion de la Santé, de la Demande de soins, de la Santé Communautaire et Environnementale (DPS-DSCE). Il explique que le 28 mai a été choisi pour sa symbolique. Car, dit-il, le mois de Mai est le 5e Mois de l’année et la plupart des femmes ont en moyenne 5 jours de règles tous les mois, intégrés dans un cycle d’environ 28 jours.
Dans son exposé, il a fait savoir qu’il y a des femmes qui n’osent pas parler de la menstruation. « Je suis mal à l’aise », une dame qui s’adresse à son directeur. Or, même le directeur n’est pas à l’aise, la réponse aussi devient le plus souvent négative car la femme en question n’a pas pu vouer la vérité. Ce que Dr Ndavyengenge qualifie comme ignorance. Et demande à tout en chacun d’oser parler de la menstruation. Car la menstruation est un signe d’une bonne santé pour la femme, souligne-t-il .

les journalistes qui ont participé dans cet atélier
les journalistes qui ont participé dans cet atélier

Selon toujours le directeur de DPS-DSCE, les conditions d’hygiène menstruelle sont directement liées aux problèmes auxquels les femmes et les adolescentes ont à faire face, en particulier dans les pays en développement dont le Burundi fait partie. Il indique que le manque de moyens nécessaires pour se procurer du matériel hygiénique, le manque d’information suffisante est un problème pour les adolescentes. Une version partagée avec les participants. Yvonne Munyaneza, une journaliste ayant participé dans cet atelier, fait savoir que la pauvreté qui hante certaines familles fait partie des entraves de l’accès à l’hygiène mensuelle. Certaines filles se contentent d’utiliser des morceaux des matelas usés ou des restes des habits. Ces derniers nécessite d’être lavés à l’eau propre et au savon. Et cela demande des moyens.
À tout ces défis , le directeur déplore le silence sur la gestion de la menstruation des femmes et des adolescentes qui les prive d’une information importante concernant leur propre corps, leur santé, leurs droits à l’éducation et enfin au respect de la dignité et des droits de la personne humaine.

Dans le monde, une femme sur trois n’a pas accès à des toilettes.
L’hygiène liée aux menstrues est ignorée par les professionnels des secteurs de l’eau, de l’assainissement, ainsi que de ceux de la santé et de l’éducation.
Une mauvaise hygiène menstruelle peut engendrer des maladies infectieuses liées au manque d’hygiène et ces dernières pouvant causer par la suite la stérilité chez la femme si elles ne sont pas traitées dès leur apparition.
Les infections de l’appareil génital sont la cause de 30 % à 50 % des infections prénatales.
En raison des normes sociales, des préjugés du pays, l’hygiène menstruelle n’est pas considérée comme une priorité pour la promotion de la santé maternelle
Burundi
Au Burundi, peu de document et études réalisés sur le niveau de connaissances et comportement de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle (GHM) des femmes et filles.

Dr Jean-Marius NDAVYENGENGE, Médecin directeur de la Promotion de la Santé, de la Demande de soins, de la Santé Communautaire et Environnementale (DPS-DSCE)


Le pays n’a aucun document officiel, que ce soient les politiques nationales, les stratégies des ministères de la Santé publique, ni de l’Education nationale, n’évoquent la question de la menstruation et de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle.
On trouve dans le module de formation des enseignants de l’approche « École Amie des Enfants » pour la paix au Burundi, un sous-chapitre incitant les enseignants de donner des informations aux élèves sur la Gestion de l’Hygiène Menstruelle en prenant l’initiative de soulever la question.
Malgré le fait que seuls les enseignants de deux provinces de Makamba et Rumonge ont bénéficié des formations, le tabou et la honte d’évoquer la menstruation en classe, bloquent les enseignants et les empêchent de traiter le sujet.
Quant à la pratique de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle, 75 % de Burundaises n’ont pas accès à une serviette hygiénique adéquate, plus particulièrement celles issues des familles à faible revenu.
Pour gérer leur hygiène menstruelle, elles utilisent les moyens du bord comme de vieux pagnes ou habits, mousse à matelas ou de morceaux de tissus souillés. Une pratique qui entrave leur dignité et pouvant entraîner des conséquences désastreuses sur leur santé.
D’après FNUAP, ce coût élevé et la difficulté d’accéder à des serviettes hygiéniques sont des obstacles majeurs à l’hygiène pour les filles et femmes du milieu rural.

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