Burundi : les auteurs des crimes de 1972 sont interpellés à demander pardon

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Les fosses communes excavées
Les fosses communes excavées en commune Vumbi
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Le vice-président de la République du Burundi, Prosper Bazombaza invite les auteurs des tuéries de 1972 à demander pardon aux rescapés et familles des victimes de cette crise. Il appelle aussi les rescapés et les familles des victimes à pardonner les auteurs de ce calvaire car personne n’est parfait. Cette demande a été formulée ce Samedi 26 /6/2021, lorsque la Commission Vérité Réconciliation (CVR) clôturait ces travaux d’audition des témoignages et exhumation des restes humains dans la province Kirundo et Muyinga. Ces dernières sont des ossements des victimes de la crise de 1972.

Vice-Président de la République du Burundi , Prosper Bazombanza "a invité les auteurs encore vivants de ces tueries de 1972 à demander pardon aux rescapés et familles des victimes"
Vice-Président de la République du Burundi , Prosper Bazombanza ”
a invité les auteurs encore vivants de ces tueries de 1972 à demander pardon aux rescapés et familles des victimes

Le vice-président de la république, Prosper Bazombaza qui a rehaussé de sa présence ces cérémonies organisées en mémoires des victimes de cette crise a fait savoir que sa présence est un signe montrant combien de fois le gouvernement soutient les travaux de la CVR. Il a invité les auteurs encore vivants de ces tueries de 1972 à demander pardon aux rescapés et familles des victimes. Il demande aussi aux personnes touchées par ces tueries de pardonner ces auteurs. ” Pas des tutsi, hutu ou twa qui sont nés étant des sauvages pour tuer l’autre groupe éthnique. Ce sont des personnes qui se cachent derrière l’ethnie et font des actes ignobles, donc l’ethnie ne tue pas mais ce sont des mauvais leaders ” Bazombaza a-t-il souligné.

Cette autorité rappelle à la population de la commune Vumbi que celui qui n’a pas perdu le sien, a perdu soit son ami intime ou un bon voisin. Il a exhorté les habitants de Vumbi en particulier ceux qui ont des témoignages sur ce qui se sont passées à cette époque à révéler ces informations à la CVR en vue de faciliter sa tâche. Pierre Claver Ndayicariye, le président de la CVR a indiqué que plus de 600 personnes ont été tuées durant la crise de 1972, dans les provinces de Kirundo et Muyinga qui formaient des arrondissements de la province MUHINGA( actuelle Muyinga). Ndayicariye précise que, dans le quartier Gasura de la commune et zone Vumbi, des listes des personnes à arrêter pour être exécutées, étaient préalablement établies par l’Administrateur communal de l’époque selon les témoignages avancées par des personnes en âge avancé qui ont confié leurs témoignages à ladite commission. A Kirundo, les personnes arrêtées ont été accusées tantôt d’être rebelles, tantôt qu’ils avaient refusé de donner l’impôt tandis qu’à Muyinga, elles étaient accusées de la sorcellerie. La majorité des victimes étaient des hutu et peu de tutsi qui essayaient de protéger les hutus ou qui avaient des conflits avec telle ou telle autre autorité de l’époque, le président de la CVR a-t-il indiqué.

De ce fait , il faut que la jeunesse sache la vérité du passé, dit le président de la CVR. Il indique que les jeunes ont soif de quitter la globalisation, la solidarité négative parce que ceux jeunes ne doivent pas être victimes des crimes commises avant qu’ils naissent. La plupart souffrent de la criminalisation communautaire et d’autres souffrent de la victimisation communautaire. Il faut quitter la globalisation. Les tueurs Hutu ou Tutsi qui tuent n’ont pas réuni les autres hutu ou tutsi du Burundi pour leurs dire qu’ils vont tuer telles personnes. D’où, il faut que la responsabilité pèse réellement sur ceux qui ont commis des crimes, martèle Ndayicariye. L’éthnie ne tue pas , seule la mauvaise gouvernance tue, souligne-t-il.

Ce dernier ajoute que ce soit à Kirundo ou Muyinga, les étrangers qui étaient des réfugiés au Burundi avaient participé dans les arrestations et exécutions des personnes selon les témoins de cette commission. Odile Niragira du quartier Gasura de la commune Vumbi, a confié à la presse qu’elle était en 3ème année primaire. Niragira affirme que son père qui était commerçant avait été arrêté et conduit à la prison de Vumbi, puis il a été exécuté. Cette dernière appelle les générations futures à ne pas prendre en considération le passé négatif que leurs parents ont vécu.

Miburo, témoin des tuéries de 1972 en commune Vumbi
Miburo, témoin des tuéries de 1972 en commune Vumbi


Quant à Miburo Dominique du quartier Gasura qui avait 18 ans en 1972, le témoigne à la presse que lui-même était parmi ceux qui creusaient les fosses. “Le tambour retentissait pendant la nuit, ça était un signal d’alerter la population pour aller creuser les fosses. Après on nous chassait à coup de bâtons et un autre groupe chargé de jeter les personnes arrêtées et tuées dans les fosses communes que nous avions déjà creusé “, Miburo témoigne-t-il. Ce dernier ajoute qu’ils les disaient que ces personnes tuées étaient des Bamenja.

Les cérémonies organisées en mémoire des victimes de la crise de 1972 avaient été rehaussées par les différentes autorités du pays à savoir le vice-président de la république, Le 2ème le vice-président de l’Assemblée Nationale, les sénateurs élus dans cette circonscription, les différents représentants des confessions religieuses. Les mêmes cérémonies sont se déroulées à Muyinga dans la commune Buhinyuza.


Egide Nduwarugira

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