CVR/Bujumbura mairie : Des archives pour faciliter la connaissance de la vérité sur la crise de 1972

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Ndayicariye Pierre Claver, président de la CVR lors de la conférence de presse
Ndayicariye Pierre Claver, président de la CVR lors de la conférence de presse
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Au cours d’une conférence de presse  de ce jeudi 5 août 2021 sur l’état des lieux des exhumations en mairie de Bujumbura, le président de la CVR s’est félicité de l’existence des archives. Pour lui, la responsabilité des massacres incombe au président Michel Micombero et des institutions de l’époque.

« C’est une chance particulière pour la commission vérité et réconciliation (CVR)  de trouver beaucoup d’archives en mairie de Bujumbura relatant les tueries perpétrées en 1972. Les archives parlent mieux que les fosses communes. Ils rendent facile l’identification des victimes», a indiqué Pierre Claver Ndayicariye,  président de la CVR au  cours d’une conférence de presse

D’après lui, la  CVR a consulté des archives encore disponibles dans différents ministères. Il s’agit notamment de celui de la fonction publique,  de l’éducation,  de la justice. Ensuite, ce sont certaines institutions comme l’armée, les écoles secondaires et l’Université officielle du Burundi. « Des fonctionnaires, soldats, journalistes, élèves de l’école secondaire, étudiants, ont été arrêtés et tués pendant la barbarie de 1972. Selon les investigations du CVR, à peu près 50 élèves à l’école nationale d’administration (ENA) ont disparu à cette école qui comptait autour de 150», a-t-il précisé.

 A l’Athénée Royale de Bujumbura, la commission a documenté des cas d’arrestation des élèves hutu blessés par leurs condisciples à la veuille de la fête de l’Ascension 1972 tandis que au Collège Saint Esprit géré par les pères Jésuites, il n’y a pas eu beaucoup d’arrestations. « Des élèves tutsi parmi les aînés, armés de couteaux et de pierres s’étaient divisés de leurs condisciples hutu auxquels ils ont infligé des coups atroces. Un prêtre européen courageux s’est interposé pour réduire la tension ».  Et d’ajouter que l’ETS Kamenge n’a pas été épargné. Des  élèves ont été arrêtés tués ce jour même du 17 mai 1972.

Pour M. Ndayicariye, le président de l’époque Colonel Michel Micombero est le responsable de ce calvaire au côté  des  différentes institutions telle que l’armée, l’administration, le parti Uprona, les JRR qui ont participé dans ces actes ignobles. « Les témoins ont révélé à la CVR que des fosses communes ont été creusées à Buterere par des machines du travaux publics avec la participation des chauffeurs zaïrois pour la plupart».

Plus de 5 fosses communes ont déjà  été vérifiées à Buterere dans la Commune Ntahangwa par la CVR tandis que parmi deux  sont déjà confirmées. Selon le président de la CVR, le nombre de victimes déjà exhumées est difficile à préciser car, le sol est sablonneux ce qui a fait que beaucoup de restes humains sont devenus comme de poussière.

Les exhumations des restes humains des victimes de la crise de 1972 ont débuté le 27 juillet en mairie de Bujumbura.

                    Egide Nduwarugira

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