Burundi: Les massacres des années 1972-1973 ignorés par les écrivains

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« Aucun un livre publié sur les Hutu tués puis jetés dans des fosses commune en 1972 -1973 ». C’est une période caractérisée par des massacres que l’histoire n’en parle pas. La nouvelle génération des historiens est interpellée de bien se préparer afin de réécrire l’histoire du Burundi qui est mieux partagée.

Pierre Claver Ndayicariye, Président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR)

L’histoire du Burundi telle qu’elle est écrite actuellement , ne relate pas le calvaire qu’à connu le pays dans les années 1972 , 1973. « Aucun un livre écrit sur les fosses commune … », déplore Pierre Claver Ndayicariye, Président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) , ce Vendredi , 18 mars 2022 , lors d’une conférence débat organisée par la Cvr , à l’endroit de la communauté estudiantine de l’ Université du Burundi, au Campus Mutanga, en Mairie de Bujumbura . Il ajoute que même les autres crises qui ont endeuillé le Burundi , ont été ignorées. Les historiens , d’alors, (1972-73) devraient écrire ce qui plaisait le gouvernement en place. Au cas contraire, on risquerait de perdre la vie ou « persona non grata » pour les étrangers qui oseraient parler sur cette thématique, explique -t-il. Et de préciser que c’est ce gouvernement même qui finançait les recherches scientifiques ou les mémoires.

Quid des écrits en rapport avec les fosses commune de 1972…

Les participants dans la conférence débat animée à l’UB

Au campus Mutanga , le président de la CVR a voulu savoir si les étudiants ont déjà vu les écrits en rapport avec les fosses communes , les arrestations et les exécutions datant des années 1972 , 1973 , …Les étudiants présents dans cette conférence ont répondu non. Ndayicariye a indiqué que cette absence des livres en rapport avec les tueries de 1972 et les autres crises qui ont suivi , s’explique par le fait que le pouvoir de l’époque est l’auteur de cette barbarie.

Les historiens de cette époque , étant fonctionnaires du gouvernement organisateur des massacres des personnes , ne pouvaient pas écrire à propos de ces tueries. Ils avaient besoin de vivre , le président de la CVR a-t-il souligné . De surcroît , François Dupaquier et Jean Pierre Chrétien , deux historiens étrangers , qui ont fait des recherches sur les crises qui ont endeuillé le Burundi , n’ont pu rendre public les résultats de leurs travaux qu’en 2006.

A la question de savoir pourquoi ces historiens ont pris un long moment pour la publication de leur travail ; ils avaient répondu que 2006 , était un moment opportun pour le rendre public. Au cas contraire , ils auraient été chassés du Burundi, martèle Ndayicariye.

A tous ces préoccupations et la crise qu’a connue le Burundi , le président de la CVR a invité les universitaires d’être des messagers de la paix , de la réconciliation nationale pacifique et de l’unité nationale qui n’est pas non seulement dans les chansons , mais qui vient du coeur.

Selon toujours lui , les universitaires doivent éviter la globalisation, car l’ethnie ne tue pas sauf un mauvais pouvoir. Il invite la nouvelle génération des historiens , de se préparer afin de réécrire l’histoire du Burundi qui est mieux partagée.

Hakizimana Gédéon , un des étudiants de l’UB , a voulu savoir qui sera en charge de la réparation matérielle et morale avec la disparition d’un bon nombre parmi les acteurs de ces tueries . Le président de la CVR a donné comme réponse que la responsabilité revient à l’État. Et d’ajouter que la réparation matérielle , dépendra de moyen à la disposition de l’État comme le stipule constitution.
Selon Sanctus Niragira , Recteur de l’Université du Burundi , les burundais ont besoin d’être moralisés en commençant par les intellectuels. Il indique que ce n’est pas normale qu’une telle vérité a été cachée pendant 50 ans.

Il exhorte les parents à dire la vérité à leurs enfants dès leurs bas âges , pour que cette vérité contribue au développement du pays.

Rappelons qu’environ 20.000 restes humains , datant de 1972 , ont été déjà exhumés jusqu’au 20 décembre 2021 comme Ndayicariye l’a signalé.

Cette conférence est tenue quelques jours après l’organisation d’une telle conférence par la CVR , à l’Université Polytechnique de Gitega( UPG) . Tout cela , est effectué dans le cadre d’expliquer les missions de la Commission, ses activités, les résultats obtenus et les perspectives d’avenir.

Egide Nduwarugira

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